Ce qu’il faut figer avant devis / avant série (sans alourdir le plan)

Pourquoi cette page

Après la checklist “zones fonctionnelles”, l’étape qui fait gagner le plus de temps est de formaliser une spécification fonctionnelle minimale :

Rendre explicites références, CTQ, contrôle — pour que “conforme au plan” devienne “conforme au montage”.

Le but n’est pas de créer un dossier qualité de 20 pages.
Le but est d’éviter les itérations (proto → reprises → re-proto) et les séries “bloquées au montage”.

 

Définition (simple)

Une SFM, c’est une page (parfois 2) qui répond à 3 questions :

  1. Où la pièce se référence en assemblage ? (datums / mise en position)
  2. Qu’est-ce qui est critique au montage ? (CTQ, jeux, interfaces)
  3. Comment on vérifie ? (contrôlabilité, FAI, points de mesure)

Si ces 3 éléments sont clairs, tu peux laisser le reste “standard fabrication”.

 

Méthode en 5 étapes (revue 15 minutes)

Étape 1 — Définir le “montage de référence”

À écrire noir sur blanc :

  • Pièces associées (avec quoi ça se monte),
  • Type de fixation (vis/inserts/rivet/soudure),
  • Orientation (face fonctionnelle / sens de montage),
  • Surfaces d’appui / positionnements réels.

Formulation “à copier” :

“Montage de référence : assemblage avec [pièces]. Mise en position par appui sur [A] et positionnement par [B] / [C]. Orientation imposée : [..].”

Pourquoi : sinon on cote une géométrie abstraite, pas la fonction réelle.

 

Étape 2 — Isoler 5 à 10 CTQ maximum (et les nommer)

CTQ = cotes/exigences qui conditionnent directement : montage, alignement, fonction, sécurité, esthétique fonctionnelle.

Exemples CTQ en tôlerie :

  • Position vraie d’oblongs/perçages vs datums,
  • Entraxes pilotant un assemblage,
  • Planéité d’une zone d’appui,
  • Perpendicularité d’un retour de guidage,
  • Jeu mini à garantir.

Formulation “à copier” :

“CTQ (max 10) : CTQ1 [..], CTQ2 [..]… Les autres cotes relèvent des tolérances générales de fabrication.”

Pourquoi : “tolérancer partout” coûte cher et ne sécurise pas l’assemblage.

 

Étape 3 — Définir le jeu mini et la logique d’empilement (même simple)

Un montage qui force vient souvent d’un jeu jamais écrit.

À préciser :

  • Jmin au montage (valeur ou règle),
  • Contributions principales (pièce + pièce + fixation + montage),
  • Ce qui prime : montage sans contrainte, interchangeabilité, ajustement autorisé ou non.

Formulation “à copier” :

“Jeu fonctionnel minimal au montage : Jmin = [x]. Les CTQ sont définies pour garantir Jmin au pire des cas (dispersion fabrication + montage). Aucun ajustage manuel n’est accepté / est accepté sur [zone].”

 

Étape 4 — Traiter explicitement ce qui dépend du pliage et/ou des finitions

Dès que l’interface dépend d’un pli, tu as ressort, rayon effectif, planéité/perpendicularité variable, et déformations locales.

À figer :

  • Cote fonctionnelle au développé ou au plié,
  • Référence après pliage (datums pertinents),
  • Zones sensibles (perçage proche pli, retours courts, etc.).
  • Si finition : impact d’épaisseur/masquage sur appuis ou interfaces.

Formulation “à copier” :

“Exigences fonctionnelles évaluées après pliage. Les interfaces proches de plis sont tolérées selon [règle/CTQ]. Finition : [traitement] avec masquage des zones d’appui [..] / épaisseur prise en compte sur [..].”

 

Étape 5 — Rendre contrôlable (FAI + contrôle série)

Une exigence non mesurable finit en discussion… ou en non-qualité.

À définir pour chaque CTQ :

  • Référence de mesure (datums),
  • Méthode (gabarit, MMT, piges, contrôle visuel encadré),
  • FAI (première pièce) + fréquence de suivi série (si besoin).

Formulation “à copier” :

“Contrôle : CTQ1 mesurée par [méthode] référencée sur [A/B/C]. FAI obligatoire sur CTQ1…CTQn. Suivi série : [ex. échantillonnage / 100% si critique].”

 

Mini-cas terrain (typique, parlant)

Symptôme : oblongs référencés à un bord plié → au contrôle ça passe, au montage ça force (dispersion pliage + planéité).
SFM appliquée :

  • Datums alignés sur appuis réels d’assemblage,
  • CTQ = position (vs datums) + jeu mini,
  • Contrôle FAI sur position (méthode définie).
    Résultat : suppression des reprises “à la main” et stabilisation série.

 

À quoi ressemble une SFM “1 page”

Bloc A — Montage de référence (2–3 lignes + schéma si possible)
Bloc B — CTQ (max 10) (liste courte)
Bloc C — Jeux / empilement (Jmin + règle)
Bloc D — Pliage / finition (règles d’interprétation)
Bloc E — Contrôle (FAI + points de mesure)

Extratole
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